En bref
Les producteurs alimentaires canadiens s’affairent à mettre de nouveaux produits en tablette avant le dernier long week-end de l’été. Le travail de reformulation, d’emballage et d’automatisation qui se cache derrière cet élan saisonnier est exactement le type d’activité que la RS&DE a été conçue pour financer, et il ne représente qu’une pièce d’un portrait de financement beaucoup plus vaste qui touche l’ensemble de la chaîne de valeur agroalimentaire. Cet article explique où se cache la R&D dans le développement de vos produits estivaux, et comment accéder au financement offert à chaque étape, des matières premières jusqu’au marché.
En ce moment, partout au Canada, les transformateurs alimentaires s’affairent à mettre de nouveaux produits en tablette avant le dernier long week-end de l’été. Le maïs sucré atteint son pic dans les kiosques à la ferme. Les sauces barbecue, les marinades, les protéines végétales et les collations plus saines ont la cote. Si vous œuvrez dans la transformation alimentaire, il s’agit de l’une de vos périodes commerciales les plus achalandées de l’année.
Ce qu’on oublie souvent, c’est que le travail derrière cet élan saisonnier, reformuler une sauce pour réduire le sodium sans sacrifier la saveur, redéfinir l’emballage pour qu’il résiste à la chaleur d’un camion de livraison, automatiser une ligne pour respecter un délai plus serré, correspond exactement au genre de travail que le gouvernement souhaite aider à financer.
La R&D qui se cache dans votre lancement de produit estival
Chaque année, les producteurs alimentaires traitent le développement de nouveaux produits comme un enjeu de marketing et d’exploitation. C’est aussi un enjeu de R&D, et cette distinction compte au moment de produire vos déclarations fiscales.
Si votre équipe a passé le printemps à expérimenter une nouvelle formulation de marinade pour prolonger la durée de conservation, à tester un emballage capable de résister à la chaleur d’une tournée de livraison estivale, ou à résoudre des problèmes sur une ligne de production pour suivre le volume saisonnier, il y a de bonnes chances que ce travail soit admissible au crédit d’impôt pour la Recherche scientifique et développement expérimental (RS&DE). La RS&DE n’exige pas de sarrau; elle s’applique aux essais et erreurs quotidiens qui permettent de bien réussir un produit : la reformulation, la prolongation de la durée de conservation, les nouveaux ingrédients, l’automatisation et l’emballage durable sont toutes des activités admissibles.
Le hic, c’est le moment choisi. Les demandes de RS&DE reposent sur la documentation, ce que vous avez essayé, pourquoi, ce qui n’a pas fonctionné, et ce que vous en avez appris. Le meilleur moment pour commencer à documenter tout ça n’est pas en février prochain, quand votre comptable vous le demandera; c’est maintenant, pendant que votre équipe est encore en plein développement de produits pour la saison.
Vue d’ensemble : une pièce d’un casse-tête de financement beaucoup plus vaste
Reformuler une sauce barbecue est un exemple concret et modeste de quelque chose de bien plus vaste qui se produit dans l’ensemble du secteur agroalimentaire canadien. Notre rapport, Les financements gouvernementaux dans la chaîne de valeur agroalimentaire, cartographie trois transitions qui convergent vers vos décisions estivales les plus ordinaires.
La transformation numérique
L’automatisation que vous ajoutez pour suivre la demande saisonnière, et les systèmes de traçabilité que les acheteurs commencent à exiger, s’inscrivent dans un virage numérique à l’échelle du secteur, et non de simples correctifs opérationnels ponctuels.
La transition énergétique
Les mises à niveau d’équipement et les changements de procédés effectués pour gérer les coûts énergétiques pendant les périodes de production saisonnière de pointe sont de plus en plus admissibles au financement des technologies propres, et pas seulement à la RS&DE.
La décarbonisation
Les changements d’emballage motivés par les pressions en matière de durabilité, un enjeu bien réel pour les lancements de produits estivaux, sont directement liés à des sources de financement que la plupart des producteurs ne pensent pas à réclamer.
À quoi ressemble le financement à chaque étape
Le rapport présente le financement offert à chaque étape de la chaîne de valeur, des matières premières jusqu’au marché :
- En amont (matières premières) : des programmes comme Agri-innover d’AAC, qui peut couvrir jusqu’à 50 % des coûts de commercialisation d’un projet
- Au milieu de la chaîne (transformation) : la RS&DE pour la R&D elle-même, ainsi que le financement des technologies propres par l’entremise de TDDC et de RNCan pour les transformateurs qui modernisent leurs équipements
- En aval (traçabilité, accès aux marchés) : le financement de croissance offert par la BDC et EDC pour les entreprises en expansion ou qui se tournent vers les marchés d’exportation, en plus des programmes de subventions provinciaux en Ontario, au Québec et en Alberta
Bien combinés, ces programmes peuvent réduire le coût d’un investissement en immobilisations jusqu’à 70 %. Ce n’est pas un chiffre négligeable lorsque vous évaluez si vous devriez investir dans l’équipement ou la mise à niveau d’emballage qui vous permettrait d’accepter une commande saisonnière plus importante l’an prochain.
Deux façons d’aborder la question
Notre rapport agroalimentaire présente également deux postures stratégiques que les entreprises adoptent généralement : la capture réactive, où vous demandez du financement projet par projet, au fur et à mesure des besoins, par opposition à la gestion proactive du portefeuille, où la stratégie de financement fait partie intégrante de la façon dont vous planifiez la R&D et les investissements en immobilisations dès le départ. La plupart des entreprises commencent dans le premier camp. Celles qui en tirent le plus de valeur sont passées au second, en traitant le financement gouvernemental comme une fonction financière permanente, et non comme une course annuelle de dernière minute.
Quoi faire pendant que vous êtes encore en pleine saison
Vous n’avez pas besoin d’interrompre votre production estivale pour commencer à capter cette valeur. Voici quelques gestes à poser dès maintenant, pendant que le travail est encore frais :
- Tenez un registre continu de ce que votre équipe a essayé cette saison, changements de formulation, essais d’emballage, ajustements d’automatisation, même ceux qui n’ont pas fonctionné. Les essais infructueux demeurent de la R&D admissible.
- Signalez les achats d’équipement en immobilisations prévus cet automne ou l’an prochain. Bien planifier leur moment en fonction du bon crédit d’impôt à l’investissement peut changer considérablement le coût.
- Pensez au-delà de la RS&DE. Si vous ne réclamez que le crédit d’impôt à la R&D, vous laissez probablement sur la table du financement d’AAC, des technologies propres et des programmes provinciaux.
L’été est la saison où les producteurs alimentaires font leur argent. C’est aussi, discrètement, la période où se réalise une bonne partie du travail le plus admissible au financement de l’année. Les deux n’ont pas à être des conversations séparées.
Téléchargez le rapport complet
Cet article s’inspire du rapport d’Ayming : Les financements gouvernementaux dans la chaîne de valeur agroalimentaire. Le rapport cartographie le financement offert à chaque étape, des matières premières jusqu’au marché, et offre aux producteurs alimentaires un cadre pratique pour transformer leur R&D saisonnière en coûts récupérés.